Nouvelles tendances alimentaires

10-09-2018 | Sélection du mois

Des consommateurs de plus en plus attentifs au contenu de leur assiette

En 2017, la contamination des oeufs au friponil ou du lait infantile se sont ajoutés aux scandales plus anciens qui participent à la dégradation de l’image de l’industrie alimentaire. Les risques potentiels sur la santé liés à l’alimentation amplifient la défiance des consommateurs. Désormais, 78 % des Français orientent leurs dépenses alimentaires en fonction de la qualité. Les critères privilégiés sont le goût, la santé et le respect de l’environnement. Résultat, le budget alloué par les foyers à l’alimentation a enregistré, entre 2011 et 2015, sa plus forte hausse. Dans ce contexte, quatre types de régimes particuliers se sont affirmés : le flexitarisme, la consommation de produits “sans”, le veganisme et les restrictions liées aux allergies alimentaires.
Par ailleurs, les protéines végétales sont de plus en plus réclamées et la viande de plus en plus rejetée.

Marché : le bio, le “sans” et le végétal en pleine croissance

Trois marchés alimentaires profitent de ces nouvelles tendances : le bio, les produits “sans” et ceux à base de végétal.
En 2017, le marché français des produits alimentaires bio connaît une nouvelle croissance à deux chiffres (+ 14 %) en atteignant 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Depuis 2010, cette progression se répète d’années en années et a le potentiel pour se prolonger.
Les grandes et moyennes surfaces (GMS) arrivent en tête des circuits de distribution des produits issus de l’agriculture bio, avec 45 % de parts de marché. Au sein de ces GMS, les marques de distributeurs (MDD) sont leaders. Côté rayons, la crèmerie et l’épicerie arrivent en tête des ventes.
Le segment phare des produits “sans” reste le sans gluten. Il pourrait atteindre les 91 millions d’euros, en 2019. Les marques spécialisées dominent le marché du sans gluten en GMS. Le sans-sucre et le sans-lactose sont également porteurs et différents marchés de niche complètent cette tendance, avec des produits sans colorants, sans conservateurs, sans-OGM, sans-sel, sans-additifs, sans huile de palme, sans arômes artificiels, voire sans cuisson.
Sur la catégorie des produits alimentaires à base de végétal, le segment du traiteur réalise la plus importante croissance de l’année 2017 : + 100 % en valeur, soit 60 millions d’euros de chiffre d’affaires. En quatre ans, le marché mondial des protéines végétales a progressé de 70 %.

Bousculés, les acteurs traditionnels s’adaptent aux nouvelles tendances de consommation

Pour se faire une place sur ces nouveaux marchés, les distributeurs, industriels et restaurateurs cherchent à adapter leurs stratégies.
En premier lieu, les grandes et moyennes surfaces étoffent leurs offres en produits bio, “sans” et végétal. L’agencement des magasins est aussi à repenser pour enrichir l’expérience client, avec un balisage en direction des nouvelles gammes. La décoration devient plus moderne avec des présentations en vrac comme dans les enseignes spécialisées. Un balisage et un éclairage spécifique sont un autre moyen de mettre en avant les produits tendance, afin d’orienter le consommateur vers un choix en accord avec ses aspirations. Des points-conseil et un personnel formé permettent de valoriser en magasin le savoir-faire des producteurs. Le commerce équitable est aussi un argument de vente. Il renvoie au made in France, synonyme de soutien aux petits producteurs locaux.
Les groupes de la grande distribution sont obligés de franchir une nouvelle étape dans le suivi des nouvelles tendances alimentaires en ouvrant leurs propres enseignes spécialisées ou en procédant à des acquisitions. Sur le modèle des magasins bio, ils valorisent la naturalité des produits.
Les enseignes de hard-discount ont elles aussi besoin d’évoluer. Les produits alimentaires bio, “sans” et végétaux doivent désormais s’intégrer dans leurs stratégies de montée en gamme. Nouvellement qualifiées de smart discount, elles englobent davantage de marketing, de travail sur l’aménagement du magasin et de grandes marques.
L’objectif est à la fois de redonner confiance aux consommateurs et de répondre à la recherche de plaisir. Les industriels de l’alimentaire suivent la même tendance en se diversifiant vers ces mêmes gammes bio, “sans” et végétales, tout en prenant soin d’ajouter du goût. Pour contourner certains obstacles matériels, l’option choisie peut être de prendre des participations ou de racheter des producteurs spécialisés. Côté marketing, il est indispensable d’obtenir des labels qui certifient l’origine et la composition des aliments auprès des consommateurs.
Les grandes chaînes de restauration commerciale s’inscrivent dans la même mouvance. Elles misent sur les filières locales d’approvisionnement et un contrôle qualité.